21 novembre 2022

Écrit par Arnaud Marcilly, Directeur Associé ; Marie Bayet, Romain Maillot, Consultants ; Thibaut Driffort, Manager

VIDEO – Lutter contre la pollution plastique

Partie 1 – Pourquoi agir contre la pollution plastique ?

Il y a d’abord une urgence écologique à adresser le problème : aujourd’hui on sait que le plastique est responsable de pas moins de 13% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et 45% de sa production concerne des objets à usage unique. Rien qu’en France, on estime que seulement 28% de ces objets sont recyclés chaque année. Et plus globalement, 11 millions de tonnes de plastique envahissent les océans (soit l’équivalent d’un camion de déchets toutes les minutes). 

Il y a aussi 2 faits de marché qui pousse à adresser le problème : 

  1. C’est une préoccupation importante pour les Français, ils sont 83% à estimer que la réduction du plastique à usage unique doit être une priorité et c’est un chiffre qui pousse les entreprises à trouver des alternatives. En 2021, 62% des consommateurs sont d’ailleurs prêts à payer plus cher pour un produit conditionné (dans un emballage) sans plastique. 
  2. Le 2e fait, c’est la forte demande des pouvoirs publics qui mettent en place une réglementation de plus en plus contraignante pour les entreprises. La loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) dirige la stratégie nationale pour la réduction, la réutilisation, le réemploi et le recyclage des emballages et des produits, avec notamment l’ambition que tous les plastiques à usage unique soient recyclables d’ici 2025 et l’objectif étant de les supprimer d’ici à 2040. 

 

Partie 2 – Les 2 axes pour lutter contre la pollution plastique 

Les entreprises peuvent adresser le problème de 2 façons : 

La première porte sur le développement de nouvelles expériences de consommation plus responsables, en agissant directement sur le business model de l’entreprise. Cela se traduit par 3 tendances : Le système de consigne, le vrac et les emballages réutilisables.

  • Se saisissant du premier concept, la start-up GreenGo(5) propose aux entreprises de la restauration et de la grande distribution de faciliter leur transition du jetable vers un modèle durable d’emballages avec notamment des systèmes de consignes. La start-up EATIC, étudie d’ailleurs, une offre de livraison de repas à domicile en s’appuyant sur les consignes GreenGo et en partenariat avec Stuart, une entreprise du Groupe La Poste
  • le vrac est une tendance que l’on peut illustrer par exemple avec l’entreprise Jean Bouteille, qui propose aux acteurs du retail et de la grande distribution des distributeurs de produits en vrac en marque blanche. 
  • et les emballages réutilisables : Pour illustrer cette dernière tendance, on peut prendre l’exemple de l’entreprise Hipli qui, à travers un partenariat notamment avec le groupe La Poste, propose des colis réutilisables 100 fois(5), qu’ils soient sous forme de housses souples ou d’étuis rigides pour les petits contenus fragiles.

 

La deuxième façon d’adresser le problème porte elle davantage sur la maîtrise de la production plus que sur le développement d’expérience de consommation quasi sans emballage : c’est-à-dire finalement comment produire mieux avec moins…

Ici 2 tendances apparaissent : 

  • les alternatives au plastique qui sont favorisées par des matériaux de substitution ; On peut citer par exemple le passage du plastique au papier pour les lessives Lenor ou encore l’entreprise française algopack qui crée des emballages à base d’algue. 
  • L’autre tendance est le recyclage optimisé par la pratique de l’upcycling qui consiste à créer de nouveaux produits industriels à travers des matériaux recyclés d’autres produits eux même en fin de vie. Bien que ce soit un concept plutôt niche, c’est une tendance qui prend de l’ampleur chaque jour : aujourd’hui 1 Français sur 2 se dit prêt à acheter un produit issu de l’upcycling, et des marques majeures, comme Adidas, se sont engagées à remplacer le polyester vierge par du polyester recyclé à très court terme

 

Partie 3 – Quels leviers business pour les entreprises 

Inscrire la réduction de l’utilisation du plastique vierge dans sa stratégie business nous semble donc être une priorité à insérer dans sa feuille de route. 

C’est selon nous un levier actuel et futur de la compétitivité des entreprises en permettant l’anticipation des difficultés d’approvisionnement de matériaux bruts et du durcissement de la réglementation, tout en répondant mieux aux attentes des clients, en quête de sens. 

Pour y arriver et repenser en profondeur l’utilisation du plastique, nous avons identifié plusieurs facteurs clés de succès parmi lesquels: 

  1. Avoir une approche globale du sujet : Il faut vraiment identifier tous les cas d’usage en considérant la consommation de plastique à tous les niveaux et sur toutes les phases de vie du produit
  2. Positionner le client au centre de la réflexion et mener des études consommateurs
  3. Adopter une approche test&learn : en ayant recours à des phases de pilote avec des prototypes. 

Bien-sûr, un cadrage stratégique est un préalable à la mise en œuvre de tout ou partie de ces solutions afin de les adapter à votre contexte et de s’assurer de leur adéquation à vos objectifs business et à la trajectoire durable de votre organisation. 

 

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